CLAC !

Julien Anglade

  • Talent 2026
  • Commerce
  • Auvergne - Rhône-Alpes
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Créateur de CLAC ! Conserverie Locale, Artisanale et Créative
Julien a été Talent BGE en 2018 et en 2026, il nous raconte son parcours :

Entreprendre : un choix responsable

« J’ai 43 ans aujourd’hui, et ça fait maintenant une dizaine d’années que je me suis lancé dans l’entrepreneuriat. À la base, j’ai une formation d’ingénieur en agroalimentaire, avec une spécialisation en marketing et vente. Le parcours classique qui m’aurait sans doute amené dans un grand groupe, mais j’ai fait un autre choix. À un moment donné, avec des enfants, je me suis senti responsable de ce que je faisais de ma vie, et j’ai eu envie de construire quelque chose qui ait du sens. C’est comme ça que j’ai découvert une vraie passion pour l’entrepreneuriat.

J’ai commencé par une première entreprise en arrivant en Auvergne, qui n’a pas fonctionné et qui s’est arrêtée au bout de deux ans. Je suis alors retourné au salariat, mais l’envie d’entreprendre ne m’a jamais quitté. En 2017, j’ai donc décidé de repartir, seul cette fois, en créant une conserverie avec une vraie réflexion autour de la marque et de ce qu’elle devait incarner. Très vite, j’ai posé quatre piliers qui guident encore aujourd’hui toutes mes décisions : le bio, le local, l’artisanat et l’anti-gaspillage.

Parmi les bonnes recettes, l'accompagnement

En parallèle de son développement, j’ai aussi été accompagné par BGE AURA dans mon parcours entrepreneurial. J’ai été lauréat Talents BGE en 2018, une expérience qui a marqué une étape importante pour moi. Au-delà de la reconnaissance, j’ai bénéficié d’un accompagnement qui m’a permis de prendre du recul sur mon projet, de structurer certaines décisions et de challenger ma vision. Même si j’avais déjà une première expérience entrepreneuriale, cet appui m’a aidé à consolider les bases de la conserverie et à avancer avec plus de confiance dans les choix stratégiques.

Le bio, c’est une conviction profonde, parce que je suis persuadé que c’est le seul modèle qui respecte à la fois les hommes, la terre et les ressources. Le local, c’est une question de cohérence et de souveraineté alimentaire : accepter de payer le vrai prix des produits et soutenir ceux qui les produisent. L’artisanat, c’est lié à mon histoire personnelle, étant fils de cuisinier, avec cette idée que de bons produits reposent sur de bonnes recettes et de bons ingrédients, pas sur des artifices. Et enfin, l’anti-gaspi, parce qu’on jette encore trop, et qu’on peut faire partie de la solution.

Le développement de l'entreprise et de l'équipe

L’entreprise repose sur trois activités. D’abord une marque propre, CLAC !, lancée en 2017 et distribuée dans les magasins bio et les épiceries fines. Ensuite, une deuxième marque créée en 2023, pensée pour la grande distribution, pour toucher plus de consommateurs localement. Et enfin, une activité de prestation pour les producteurs, où on transforme leurs produits pour qu’ils puissent les vendre sous leur propre marque. Plus récemment, on a aussi lancé une guinguette, un lieu hybride entre restauration et vitrine de notre savoir-faire, avec une carte courte qui évolue chaque semaine.

Aujourd’hui, on est une équipe de sept salariés à temps plein, avec trois apprentis. On réalise environ 725 000 euros de chiffre d’affaires. Ce n’est pas encore suffisant par rapport à notre structure, mais on a toujours réussi à rester globalement à l’équilibre. Le défi maintenant, c’est de trouver un modèle plus rentable sans renier nos valeurs. On travaille beaucoup, parfois trop, pour une rémunération qui reste limitée, donc il faut qu’on ajuste cet équilibre entre charge de travail, revenus et qualité de vie.

L’histoire humaine de l’entreprise est aussi très importante. J’ai notamment fait évoluer un ancien salarié, Baptiste, qui est devenu associé. À la base, c’était une relation de travail qui s’est transformée en amitié, puis en collaboration forte. Il a fini par racheter des parts pour devenir pleinement impliqué dans le projet. C’est une évolution logique, mais qui demande aussi de s’adapter, notamment sur les enjeux de management, qui deviennent de plus en plus complexes à mesure que l’équipe grandit.

Continuer à grandir en s'épanouissant

On a beaucoup construit avec des jeunes, notamment via l’apprentissage, parce que c’est un modèle auquel on croit. Mais ça implique aussi des défis, notamment en termes de structuration. Aujourd’hui, on est en train de professionnaliser davantage l’organisation, de clarifier les rôles, et de gagner en efficacité. C’est indispensable pour continuer à se développer sereinement.

Pour l’instant, on s’est développé de manière assez prudente, en réinvestissant ce qu’on gagnait, sans faire entrer d’investisseurs. Mais la question commence à se poser si on veut passer un cap. Est-ce qu’on veut grandir plus vite ? Est-ce qu’on est prêts à faire entrer des partenaires financiers ? Rien n’est encore tranché, on est en réflexion.

Les prochaines étapes sont encore ouvertes. On peut imaginer dupliquer le modèle de la guinguette, ou bien développer davantage la distribution de nos produits, avec plus de volume. Chaque option a ses avantages et ses contraintes, notamment en termes d’investissement et d’organisation. Ce qui est sûr, c’est qu’on avance, étape par étape, en restant fidèles à ce qui nous anime depuis le début : faire des produits de qualité, dans le respect de nos valeurs, et construire une entreprise dans laquelle on peut s’épanouir. »

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