Haut la consigne

Catherine Thiébert & Florence Duriez

  • Talent 2026
  • Services aux entreprises
  • Hauts-de-France
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Haut la Consigne développe une solution de réemploi des contenants (principalement bouteilles en verre et gobelets) en combinant une station de lavage industrielle et un accompagnement des acteurs pour faciliter leur transition vers des contenants réutilisables.
Elles ont été distinguées en tant que Talent BGE en 2021 puis en 2026

Une conscience écologique comme premier moteur

Catherine nous raconte comment elle en est venue à co-créer Haut la Consigne : « Je me suis lancée dans l’entrepreneuriat avec une envie forte : agir concrètement pour l’écologie, en particulier sur la question des ressources et des déchets. Après plusieurs années passées à l’étranger, notamment en Allemagne, j’ai été marquée par des pratiques plus avancées autour de la consigne et du réemploi. En revenant à Lille, j’avais cette conviction qu’il fallait développer ce type de modèle en France, où l’on consomme encore beaucoup de ressources neuves.

Le projet est né d’une rencontre. À l’origine, nous étions quatre, puis finalement trois à créer l’entreprise, après le départ de l’une d’entre nous pendant la période du COVID. Nous ne nous connaissions pas toutes au départ, mais nous partagions des convictions fortes et complémentaires : réduire les déchets, limiter l’usage de nouvelles ressources, et proposer une alternative concrète aux modèles existants. Très vite, nous nous sommes retrouvées autour de cette idée : développer une filière de réemploi des contenants, notamment en verre.

Tester son activité pour sécuriser son modèle

Dès le début du projet, nous avons été accompagnées par BGE Hauts de France. Cela a été une étape structurante. Nous avons commencé par une formation de quelques jours qui nous a permis de mieux comprendre les enjeux de la création d’entreprise, de nous projeter et de poser les premières bases. Ensuite, nous avons intégré un dispositif de test d’activité, qui nous a permis de facturer nos premières prestations tout en continuant à structurer notre projet. Cet accompagnement a été essentiel pour avancer pas à pas, sécuriser nos choix et prendre le temps de définir la bonne forme juridique.

Pendant cette phase, nous avons commencé à tester concrètement notre activité. Au départ, nous faisions du lavage de gobelets et de bouteilles en sous-traitance, car nous n’avions pas encore nos propres équipements. Cela nous a permis de valider l’intérêt du marché, de rencontrer nos premiers clients et d’affiner notre modèle économique. Nous avons notamment travaillé avec des brasseurs, en les incitant à standardiser leurs bouteilles afin de faciliter leur réemploi. Nous avons aussi expérimenté des solutions techniques, par exemple sur les étiquettes, pour qu’elles puissent être retirées facilement lors du lavage.

Rendre le réemploi accessible

Progressivement, nous avons structuré notre modèle. Celui-ci repose à la fois sur la vente ou la mise à disposition de contenants réutilisables, mais aussi sur un système d’abonnement et sur l’accompagnement des clients dans leur transition vers le réemploi. Car au-delà du lavage, il y a un vrai besoin de conseil : choix des emballages, logistique, organisation des flux, contraintes réglementaires. Notre usine est devenue un véritable laboratoire, où nous réalisons des tests pour nos clients et développons des solutions adaptées à leurs besoins.

Le projet a ensuite grandi grâce à différents partenariats. Après BGE, d’autres structures nous ont accompagnées sur des sujets spécifiques : structuration du business plan, financement, mise en relation avec des partenaires.

Une croissance maitrisée

Cela nous a permis de franchir des étapes importantes, notamment la création de notre première usine en 2023. Cet investissement a marqué un tournant : nous avons pu internaliser le lavage, améliorer la qualité et augmenter les volumes traités.

Aujourd’hui, l’entreprise a beaucoup évolué. Nous sommes une équipe d’une vingtaine de salariés en CDI, auxquels s’ajoutent des alternants et des stagiaires. Notre activité s’est fortement développée : nous lavons plusieurs millions de contenants par an, entre bouteilles et gobelets. Nous gérons la collecte, le tri, le lavage et l’accompagnement de nos clients. Nous travaillons avec des producteurs, des distributeurs et d’autres acteurs de la filière, dans une logique de coopération.

S'adapter pour gagner en compétitivité

Notre modèle s’inscrit aussi dans un contexte réglementaire qui évolue. Les lois françaises et européennes encouragent désormais le réemploi des emballages, avec des objectifs chiffrés à atteindre dans les prochaines années. Cela va dans le sens de ce que nous défendons depuis le début. Cependant, il reste encore des freins, notamment du côté des distributeurs, et nous devons continuer à démontrer la pertinence économique et environnementale de notre solution.

Aujourd’hui, nous sommes à une nouvelle étape de notre développement. Notre première usine nous a permis de valider notre modèle, mais elle atteint ses limites. Nous travaillons donc sur un projet de nouvelle usine, plus grande, plus automatisée et plus performante. L’enjeu est de gagner en efficacité pour réduire les coûts et rendre le réemploi encore plus compétitif face au neuf. Cela nécessite des investissements importants, mais aussi une montée en compétences continue de nos équipes.

Faire changer les usages, un travail au long cours

Au-delà de notre activité principale, nous développons également des projets de recherche et d’accompagnement. Nous travaillons sur d’autres types de contenants, notamment dans le domaine du cosmétique, et nous accompagnons des porteurs de projets en France et à l’international. Nous collaborons aussi avec des éco-organismes sur des projets de recherche et développement, afin d’améliorer les pratiques et de structurer la filière.

Notre ambition reste la même : contribuer à développer le réemploi à grande échelle, en proposant des solutions concrètes, efficaces et accessibles. C’est un travail de long terme, qui demande de la persévérance, de l’adaptation et une forte capacité à coopérer. Mais c’est aussi un projet profondément motivant, car il répond à des enjeux environnementaux majeurs et permet de créer de la valeur, à la fois économique et sociale. »

haut la consigne

Episode de la websérie Talents BGE dédié à Haut la Consigne en 2021, que de chemin parcouru depuis !
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