Amandine Cancé – Savoir Sauvage Touraine

Savoir Sauvage Touraine sensibilise à l’utilisation des plantes sauvages comestibles et propose des formations, ateliers et balades pour apprendre à les reconnaître, les cueillir et les cuisiner afin de promouvoir une alimentation locale et durable, tout en contribuant à la santé, au bien-être et à la transition écologique.

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Un quotidien qui s'éloigne de l'essentiel

Amandine nous explique : « Je suis ingénieure de formation, spécialisée en biophysiologie végétale et en botanique. J’ai poursuivi jusqu’à un master 2 en bio-informatique, avec des stages en recherche appliquée en agronomie. Pourtant, ma carrière a pris un tournant inattendu : pendant quinze ans, j’ai travaillé dans la recherche pharmaceutique et agroalimentaire, mais de plus en plus sur des projets informatiques. Je suis devenue une sorte de passerelle entre les chercheurs et les informaticiens. J’ai appris l’informatique sur le terrain, en m’adaptant, mais au fond, je m’éloignais de ce qui m’animait vraiment : les plantes.

Un moment clé a été mon départ à Djibouti pendant trois ans. Là-bas, il n’y avait quasiment pas de végétation. Ce manque a été très fort pour moi. Quand je suis revenue en France, j’ai été frappée par la richesse végétale, presque submergée par tout ce vert. Et en même temps, j’étais choquée de voir toutes ces plantes sauvages arrachées alors qu’elles sont comestibles et très riches sur le plan nutritionnel.

Faire de ses compétences un métier

Depuis mon enfance, j’ai un lien fort avec ces plantes. Mes grands-parents m’avaient déjà initiée à la cueillette : pissenlit, salicorne, fenouil… Pour eux, c’était une évidence, liée à leur vécu et à une époque où ces ressources étaient essentielles. Plus tard, pendant mes études, je continuais déjà à consommer des plantes sauvages lors de mes randonnées. Pour moi, la nature a toujours été une source de nourriture accessible. À mon retour en France, j’ai ressenti un décalage énorme entre mon métier et mes valeurs. J’ai tenu encore un peu dans mon poste, mais j’ai fini par faire un burn-out. C’est à ce moment-là que j’ai entamé un bilan de compétences. En discutant de ce que je faisais le week-end – identifier des plantes, les cuisiner – on m’a fait réaliser que cela pouvait devenir un métier. Au début, je n’y croyais pas. Pour moi, c’était naturel, presque évident, donc difficile à valoriser.

Petit à petit, j’ai commencé à réfléchir à une offre. J’ai pu tester mon idée grâce à Incubatest par BGE, pour voir s’il y avait un marché. J’avais peur que les gens trouvent ça étrange, mais au contraire, l’accueil a été très positif. Mon activité s’inscrit dans des tendances fortes : manger local, sain, préserver la biodiversité. Cueillir et consommer des plantes sauvages permet aussi de mieux comprendre leur rôle et de les préserver.

Devenir cheffe d'entreprise

L’accompagnement avec BGE Berry Touraine m’a beaucoup aidée. J’avais besoin d’un regard extérieur pour structurer mon projet, travailler mes offres et trouver mon point de rentabilité. J’ai appris à construire des outils de pilotage, à calculer mes prix, à analyser ce qui fonctionne ou non. J’ai aussi pris confiance en moi. Au départ, je doutais beaucoup, j’avais ce sentiment de ne pas être légitime. Mais avec le temps, j’ai réalisé que j’avais déjà beaucoup de compétences.

Aujourd’hui, je propose différentes prestations : des balades pour découvrir les plantes sauvages, des ateliers culinaires, des interventions pour les entreprises (comme du team building), et des actions pédagogiques pour les scolaires. J’adapte toujours mon discours selon le public. Par exemple, avec les enfants, je parle surtout de biodiversité.

Développer les projets et les collaborations

Je développe aussi des partenariats et des projets : conférences, collaborations avec des établissements, et même un projet de livre. Je commence à être reconnue localement, et mon chiffre d’affaires a fortement progressé ces dernières années, même si je ne vis pas encore pleinement de mon activité.

La communication joue un rôle essentiel. Je suis très active sur les réseaux, j’écris régulièrement des articles, je travaille mon référencement. Cela me permet d’attirer une clientèle variée, qui vient parfois même de loin. Je participe aussi à des événements, des salons, et j’interviens dans les médias. Tout cela contribue à ma visibilité.

Ce qui est parfois difficile, c’est de faire comprendre la valeur de mon travail. Mes ateliers ne sont pas de simples cours de cuisine : ils reposent sur une expertise en botanique, en nutrition et en environnement. Quand certains clients ont du mal à percevoir cette différence il faut faire de la pédagogie.

Malgré cela, je continue à avancer. Je teste, j’ajuste, je développe. J’ai appris à m’appuyer sur des outils, à analyser mon activité, et à faire évoluer mes offres.

Ce qui me motive le plus aujourd’hui, c’est la réaction des participants. Quand ils découvrent que ces plantes sont bonnes, ou qu’ils réalisent qu’elles sont partout autour d’eux, je vois une étincelle dans leurs yeux. Ils changent de regard sur la nature. Et pour moi, c’est exactement ça le cœur de mon métier : transmettre, reconnecter, et donner envie de faire autrement. »

Savoir Sauvage Touraine

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