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Laurent Grandguillaume : Il est possible d'éradiquer le chômage longue durée


16 novembre 2021



Laurent Grandguillaume, ancien député (2012-2017), est Président bénévole de l’association nationale Territoires zéro chômeur de longue durée (TZCLD). Il nous explique comment s’est forgée cette expérimentation lancée en 2016 sur 10 territoires et qui vise désormais à se développer sur une cinquantaine d’autres. 
 

Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots en quoi consiste l’expérimentation TZCLD ?

Il s’agit d’identifier dans un territoire de 5 000 à 10 000 habitants un quartier, une ville rurale… toutes les personnes qui sont privées durablement d’emploi et d’identifier toutes les activités qui n’existent pas et qui répondent à un besoin.

Pour cela on met tous les acteurs publics et privés autour d’une table (élus, associations…) et les personnes privées d’emploi, au bout du chemin on crée une entreprise dans le domaine de l’économie sociale et solidaire qui va proposer une embauche à chacune des personnes en chômage longue durée pour développer les activités identifiées. Une part de l’emploi en contrat à durée indéterminée est financée par ce que l’on appelle l’activation à la dépense passive[1]. C’est-à-dire qu’on prend le coût du chômage pour l’Etat et les collectivités territoriales, et il va servir à financer une partie des dépenses de salaires.

C’est une expérimentation qui a lieu dans 10 territoires depuis 2016 suite à une loi que j’avais portée quand j’étais député. L’idée a émergé dans le milieu associatif notamment avec ATD Quart Monde. Fin 2020 une nouvelle loi a été votée afin d’étendre l’expérimentation sur 50 nouveaux territoires au minimum.
 

Concernant Territoires Zéro Chômeurs Longue durée, contre quels blocages et/ou représentations avez-vous dû lutter pour faire exister l’expérimentation ?

Les blocages auxquels nous avons dû faire face visaient plutôt à mettre une tutelle sur cette expérimentation. Comme elle est poussée par la société civile, des administrations centrales ont souhaité la recentraliser. On a dû se battre pour montrer que c’est aux territoires de porter le projet afin qu’il soit le plus efficace. Il faut faire confiance aux territoires et à ses acteurs pour faire. C’est en cela qu’il y a eu des débats et des différences.
 
En France on a une culture de dispositifs descendants. Quand une politique nationale est mise en place - notamment les politiques de l’emploi - les responsables veulent qu’elle s’applique de la même façon partout.
 
Notre initiative dit l’inverse : « il faut partir du territoire et la développer à partir du territoire ». C’est une logique complètement inverse. D’autre part les personnes construisent le projet avec nous, alors qu’habituellement elles rentrent dans un dispositif tel qu’il est.
 
TZCLD est une innovation. Et comme c’est le sens d’une innovation, elle ne rentre dans aucune case.
 

Comment expliquer l’extension de l’expérimentation dans ces conditions ?

A partir du moment où l’on démontre que c’est possible d’éradiquer le chômage longue durée comme nous l’avons fait dans 3 des territoires, les autres se disent « pourquoi pas nous ». Aujourd’hui il y a une vraie volonté territoriale de s’investir.
 

En tant que député vous avez travaillé sur les questions liées aux indépendants. Aujourd’hui vous êtes également Directeur général Adjoint d’un groupe leader dans le portage salarial . Quel regard portez-vous sur ce « moment entrepreneurial » que nous connaissons ?

L’entrepreneuriat recouvre différentes formes. Ce qui est sûr c’est qu’il y a des besoins. Beaucoup de gens se lancent dans des niches d’activités qui ne sont pas comblées. Il y a aussi dans toute génération des besoins, des envies d’innover, d’entreprendre… C’est une bonne chose. Le rêve de la génération 90 était de devenir fonctionnaire, celui des générations actuelles est de créer une entreprise et développer.
 
Se lancer c’est une chose, mais la question est de savoir « comment je vais réellement être indépendant ? » C’est ce qui distingue les plateformes d’un entrepreneur. Si un entrepreneur ne bénéficie que d’un flux d’activité qui vient d’une plateforme, comment fait-il pour développer sa propre clientèle et donc son autonomie professionnelle ? Pour cela il faut des outils. Je pense qu’il faut axer les formations en France sur la problématique du développement. Des acteurs comme BGE le font. Dans tous les cas cela doit permettre aux personnes d’être entièrement indépendantes grâce à un business model puis une méthodologie pour permettre de se développer.
 
Dans notre pays nous sommes très conceptuels. On parle beaucoup du statut juridique. De nombreuses formations existent sur comment choisir son statut juridique mais choisir un statut cela ne crée pas une activité cela crée une structure.
 

Vous avez été amené à comparer les différentes façons d’entreprendre en Europe et dans le monde, quelles sont les spécificités de l’entrepreneuriat français ?

 J’ai regardé ce qu’il se faisait aux Etats-Unis et en Angleterre et finalement il y a beaucoup de choses communes. Tout d’abord contrairement aux idées reçues, en France il est assez simple de créer son entreprise car nous avons beaucoup simplifié les choses. Il faut être fier de ce que nous savons faire.
 
Pour moi la principale spécificité de l’entrepreneuriat français c’est ce sens du développement d’entreprises sociales. Il y a beaucoup de jeunes qui se lancent et créent des entreprises dans le domaine de l’Economie Sociale et Solidaire. Ce sont des services de transition écologique, d’économie circulaire et services de proximité… C’est un phénomène qui s’est accéléré pendant la crise en France et qui n’existe pas dans tous les pays.

 




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