À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, BGE met à l’honneur huit visages de l’entrepreneuriat féminin. Huit entrepreneures, huit territoires, huit projets qui illustrent la diversité entrepreneuriale et racontent la réalité complexe, exigeante et stimulante de cheffe d’entreprise.
Ces ambassadrices sont la preuve que l’entrepreneuriat n’a pas un profil unique, qu’il n’est pas une question de genre, d’âge, de zone géographique ou d’expérience. Avec un accompagnement adapté, centré sur la transmission de savoir-faire et l’acquisition de compétences, il est possible de structurer un projet solide et de transformer une idée en entreprise viable.
Chez Roxette
À Pimbo (Landes), un village situé sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, Roxane Fiorenzano a ouvert Chez Roxette, une crêperie-glacier, salon de thé et épicerie de produits locaux.
Son projet, elle l’avait en tête depuis longtemps, mais n’avait pas osé franchir le cap. Avec l’accompagnement de BGE Landes, elle a pu dépasser ses appréhensions. « Ma conseillère a su écouter mes peurs, me rassurer et m’aider à détricoter ce qui était en désordre pour construire un projet solide. », confie-t-elle.
Une fois les craintes dépassées et le projet lancé, les résultats ont été au rendez-vous : son prévisionnel initial de 65 000 € de chiffre d’affaires a été dépassé, atteignant plus de 100 000 € la première année.
Au tout début, on avait réfléchi à un projet tout petit. Finalement, le prévisionnel a été largement dépassé, ce qui m’a permis de faire des investissements et de réfléchir sur du plus long terme.
Mamé
À Orléans (Loiret), Alice Madeline a créé à 25 ans Mamé, un coffee-shop japonais mettant en avant le café de spécialité, une fusion unique de saveurs japonaises et de recettes maison et presque entièrement végétales.
Pour préparer son projet, Alice a dû développer ses compétences entrepreneuriales. Car, si elle connaissait son métier – grâce notamment à une expérience dans un deux étoiles Michelin à Tokyo – être cheffe d’entreprise requiert des savoir-faire spécifiques. Pour cela, elle a pu compter sur l’accompagnement de BGE Terres de Loire.
L’accompagnement m’a beaucoup aidée, notamment pour monter mon prévisionnel, ce que je n’aurais pas su faire seule. Ça m’a formée aux bases de la comptabilité. J’ai eu aussi des conseils juridiques et des réponses à mes questions pratiques, comme le CAP pâtisserie, qui n’est pas obligatoire pour vendre des gâteaux maison, tant que je ne me présente pas comme pâtissière.
Bibliovore
À Rouen (Seine-Maritime), Audrey Roorda a ouvert à 27 ans une librairie de seconde main Le Bibliovore.
C’est pendant une expérience de bénévolat qu’Audrey découvre le réseau Le Bibliovore. L’idée germe dans sa tête pendant un an, puis elle décide de se lancer, rencontre les fondateurs et commence à chercher le meilleur endroit où s’installer en Normandie : la ville de Rouen s’impose naturellement.
Elle décide alors de se tourner vers BGE Normandie pour structurer son projet.
L’accompagnement m’a vraiment aidée, surtout sur la rédaction du business model. Au cours de mes études, on ne m’a pas appris comment créer une entreprise. Je ne savais pas trop par où commencer, comment structurer mes idées, où chercher les infos. J’ai eu des rendez-vous individuels avec ma conseillère-formatrice, ce qui m’a permis de bien cadrer mon projet. Il y avait aussi des sessions en groupe sur la gestion financière et les aspects juridiques, ce qui m’a donné des bases solides.
Aujourd’hui, elle s’épanouit dans son rôle de cheffe d’entreprise : « ce que j’aime le plus, c’est d’avoir le contrôle total : tout décider, tout organiser à ma manière. Et voir les clients revenir chaque semaine, voire tous les jours, ça fait vraiment plaisir. C’est beaucoup de travail, mais ça en vaut la peine ! »
Momentum
À Strasbourg (Bas-Rhin), Estelle Robbino a fondé Momentum Studio, un espace de pole dance, yoga et Pilates.
Pour concrétiser son projet, Estelle s’est appuyée sur BGE Alsace-Lorraine, qu’elle a contacté en septembre 2023 alors qu’elle avait déjà une étude de marché bien avancée et une connaissance précise de son public. L’accompagnement s’est concentré sur la partie financière, un domaine dans lequel elle se sentait moins à l’aise.
BGE m’a surtout aidée sur la partie financière, qui est celle que je maîtrise le moins. Je suis partie avec zéro euro en poche, donc il a fallu convaincre des partenaires pour obtenir des financements. Grâce au soutien de BGE, j’ai pu contacter Strasbourg Initiative et Alsace Active, et monter un dossier solide. Le logiciel BGE pour le business plan est très bien fait, notamment pour générer un compte de résultat. Et au-delà des outils, c’est aussi le fait d’être challengée, d’avoir quelqu’un qui pose les bonnes questions, qui m’a permis d’affiner mon projet. Ça m’a rassurée, et surtout, ça m’a permis de voir que le projet tenait la route.
Aujourd’hui, Estelle continue de bien s’entourer pour faire vivre son entreprise : « j’ai une super comptable, un bon banquier et des partenaires fiables. C’est important d’avoir un entourage solide, surtout quand on se lance ».
Sens Natur’elles
À Maisons-Laffitte (Yvelines), Nathalie et Sandrine Pinto, deux sœurs, se sont reconverties vers l’entrepreneuriat après plus de 20 ans passés dans l’industrie pharmaceutique et cosmétique. Ensemble, elles ont ouvert un institut de beauté spécialisé dans le facialisme.
Après plus de 20 ans dans l’industrie pharmaceutique et cosmétique, où nous avons occupé des postes en marketing, logistique, achats et approvisionnement, nous avons décidé de changer radicalement de voie. Ce virage a été motivé par des événements personnels, notamment la crise du Covid. Depuis toujours passionnées par l’esthétique, nous avons choisi de reprendre des études à 42 ans pour passer un CAP esthétique, tout en continuant à travailler et à élever nos enfants.
Elles qui admettent volontiers être « parties de zéro », sans local, sans clientèle et sans expérience entrepreneuriale, ont réussi à construire un projet viable, cohérent et porteur de sens grâce à une vision claire, un accompagnement solide et beaucoup de détermination.
Sports in d’Or
À Malay-le-Grand (Yonne), Lydia Chalabi a conçu Sports in d’Or, un centre multi-activités de sport et loisirs indoor de plus de 1 400 m², conçu pour être accessible à tous.
Son projet s’est structuré après une reconversion professionnelle marquée par un burn-out sévère, qui l’a invitée à repenser ses priorités et à rechercher une activité qui ait du sens et qui lui ressemble. Durant sa convalescence, la pratique du golf a été un soutien essentiel pour elle, ce qui l’a conduite à imaginer un espace dédié à ce sport, puis à l’élargir à d’autres disciplines et loisirs pour répondre à un besoin plus large sur le territoire.
Avec Sport in d’Or, elle a dessiné un espace de sport et de loisirs accessible à tous.
Une dimension essentielle de ce projet est l’accessibilité. Mon père a subi un grave AVC qui l’a laissé handicapé et aphasique, ce qui m’a sensibilisée aux difficultés rencontrées par les personnes en situation de handicap pour accéder aux loisirs. J’ai découvert que le handicap ne se résume pas à un fauteuil roulant et que l’offre d’activités adaptées est extrêmement limitée dans la région. J’ai voulu que mon centre soit un lieu ouvert à tous, en proposant des espaces et des activités inclusifs.
Bibim Pop
À Toulouse (Haute-Garonne) et dans sa périphérie, Soo Jin Hwang a imaginé et créé Bibim Pop, un concept de distributeurs automatiques de plats coréens faits maison, équilibrés et accessibles 24 h/24.
Après avoir découvert, à travers un reportage, l’ampleur de la précarité alimentaire des étudiants et ayant elle-même déjà dirigé un restaurant, elle a voulu proposer une solution qui permette de manger sain et à petit prix, le tout sans sacrifier sa vie de famille.
Aujourd’hui, Soo Jin alimente huit distributeurs et projette d’en avoir 20 d’ici fin 2026, dans la région Occitanie et peut-être même plus loin. Pour faire vivre l’entreprise, elle a embauché quatre personnes.
On est maintenant 5 dans l’équipe : 4 à temps plein et une personne à mi-temps. L’ambiance est géniale. Je les appelle ma Dream Team. On se fait confiance, on s’entraide. C’est notre projet, ils sont investis par la même vision : avoir un impact, servir à quelque chose. La restauration est tristement célèbre pour des conditions de travail souvent dégradées, parfois abusives et la pression de chaque service. Pas de stress chez Bibim Pop, pas de clients affamés qui attendent dans la salle, on travaille dans la sérénité et tout est fait maison, même la chapelure !
Léo Mode
À Mamoudzou (Mayotte), Léonelle Redjekra a développé un projet entrepreneurial singulier qui combine vente de tissus artisanaux fabriqués par des artisanes africaines et prestations audiovisuelles à travers deux structures complémentaires : Léo Mode et Léo Events.
En introduisant ces tissus sur le marché de Mayotte, Léonelle cherche à valoriser le savoir-faire féminin et à dynamiser l’économie locale.
À Mayotte, ces tissus rencontrent un vrai succès et permettent aussi de soutenir l’économie locale, car une fois achetés, ce sont les ateliers de couture mahorais qui confectionnent les vêtements. J’ai voulu proposer des produits artisanaux, loin des circuits industriels classiques, et valoriser ce savoir-faire féminin tout en créant un circuit court.
En parallèle, Léonelle œuvre pour un habitat digne et durable, notamment en accompagnant les personnes âgées et handicapées, avec son association Makazi Yangou.
Pour elle, il est important de « montrer que Mayotte ne se résume pas à ses problématiques migratoires, mais qu’il existe ici des femmes qui innovent et entreprennent ».