Arbre & Vert

Damien Turicki

  • Talent 2026
  • Services aux entreprises
  • Hauts-de-France
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Entreprise d’élagage, de création paysagère, d’entretien des jardins, parcs et espaces verts.
Damien a été Talent BGE en 2022 puis en 2026, il nous raconte son évolution :

Une micro-entreprise qui grandit très vite

« Je suis élagueur de formation, et mon parcours a commencé assez tôt avec un bac agricole suivi d’un certificat de spécialisation en élagage. J’ai ensuite poursuivi en apprentissage, une période qui m’a permis de découvrir concrètement le métier. À la sortie de cette formation, j’ai été embauché en CDD. C’est là que j’ai vraiment compris la différence entre apprendre et exercer seul sur le terrain. Très vite, on m’a confié des chantiers sans accompagnement, avec des contraintes importantes que je n’avais pas forcément les moyens techniques de gérer. Une expérience en particulier m’a marqué : un chantier d’abattage complexe, avec des contraintes de sécurité importantes, qui a mal tourné faute de moyens adaptés. Cette situation a été un déclic. Elle m’a fait perdre confiance dans ce modèle de travail et m’a poussé à prendre une décision radicale : créer ma propre activité.

Je me suis donc lancé en micro-entreprise. Au départ, tout allait très vite. La demande était forte et je travaillais énormément, parfois jusqu’à 80 heures par semaine. J’étais motivé, passionné par le terrain, mais ce rythme n’était pas tenable sur le long terme. Mes proches ont été les premiers à me le faire remarquer. À un moment donné, il a fallu faire un choix : soit ralentir, soit structurer l’activité pour continuer à se développer. J’ai choisi de recruter.

Accompagner la croissance

C’est à ce moment-là que j’ai été accompagné par BGE Flandre Création. Au-delà des démarches administratives, cet accompagnement m’a permis de mieux comprendre comment structurer mon activité. J’ai notamment été aidé sur la création de ma page Facebook et ma présence en ligne, avec un travail sur le référencement Google qui m’apporte encore des clients aujourd’hui. On a construit ensemble les bases de ma visibilité, mais aussi une méthode pour me faire connaître localement et développer mon activité de manière cohérente. J’ai également bénéficié d’un suivi lors du passage en société, ce qui m’a permis de sécuriser des étapes importantes de mon développement.

Ce passage a marqué un tournant important. J’ai transformé la micro-entreprise en société et créé une seconde structure pour répondre aux contraintes liées aux services à la personne et aux activités professionnelles. Cela a complexifié la gestion, avec davantage d’administratif, mais c’était nécessaire pour continuer à évoluer. J’ai recruté un premier salarié, puis progressivement constitué une équipe. Aujourd’hui, nous sommes plusieurs à travailler ensemble, et l’activité s’est diversifiée : en plus de l’élagage, nous faisons de la création paysagère, de l’entretien et des interventions spécifiques liées aux nuisibles et aux traitements des plantes.

Trouver le bon équilibre

Le développement de l’entreprise s’est accompagné d’investissements importants. Le matériel représente une part essentielle de notre activité : camions, broyeurs, tracteurs, équipements spécialisés. Ce sont des coûts élevés, mais indispensables pour maintenir un niveau de qualité et de performance. Le chiffre d’affaires a suivi cette progression, passant d’une activité individuelle à une structure capable de générer plusieurs centaines de milliers d’euros, avec des équipes opérationnelles.

Mais cette croissance n’a pas été linéaire. J’ai connu des périodes difficiles, notamment sur le plan humain. À un moment donné, j’ai dû me séparer de toute mon équipe, car le fonctionnement n’était plus compatible avec les exigences du métier et la relation avec les clients. Je me suis retrouvé seul, à devoir reconstruire l’activité. Cela a été une période intense, mais aussi structurante. J’ai pu repartir sur de nouvelles bases, avec des valeurs plus claires et une organisation plus solide.

Le management a également été un apprentissage. Au début, recruter était une source de stress importante. Il fallait assumer la responsabilité de payer des salariés, sans toujours avoir de visibilité sur l’activité à venir. Ce stress se ressentait dans le fonctionnement de l’équipe. Avec le temps, j’ai appris à anticiper, à planifier, à faire confiance. Aujourd’hui, les équipes sont autonomes, formées, et cela change complètement la manière de travailler. Le climat est plus serein, et chacun trouve sa place.

Rester sur le terrain et garder le lien avec les clients

Ce qui me motive avant tout, c’est le terrain. Grimper dans les arbres, faire face à des situations techniques complexes, progresser constamment : c’est là que je trouve le plus de satisfaction. Chaque chantier est différent, il n’y a pas de routine, et cela demande une adaptation permanente. C’est un métier exigeant physiquement et techniquement, mais c’est aussi ce qui le rend intéressant.

La relation avec les clients est également importante. Avec le temps, j’ai appris à être plus à l’aise dans les échanges, à expliquer, à conseiller. Certains clients m’ont même aidé à progresser en me partageant leurs attentes et leurs exigences. Aujourd’hui, nous avons une base de clients fidèle, avec un taux de renouvellement élevé, ce qui est un indicateur important de satisfaction.

Le métier évolue aussi avec les enjeux environnementaux. Il y a une vraie contradiction entre travailler dans la nature et parfois devoir intervenir de manière invasive. Nous essayons de limiter notre impact, de proposer des alternatives, de sensibiliser les clients. Mais certaines contraintes restent difficiles à contourner, notamment face aux changements climatiques qui fragilisent les arbres. C’est une réalité du terrain : on doit parfois intervenir sur des arbres qu’on préférerait préserver.

Progresser tous les jours

Enfin, il y a toute la dimension entrepreneuriale : la gestion, l’administratif, la stratégie. Ce n’est pas la partie que je préfère, mais elle est indispensable. Avec le temps, j’ai appris à mieux l’intégrer, à m’organiser, et à prendre du recul. Aujourd’hui, l’entreprise est plus stable, avec une trésorerie qui permet d’absorber les imprévus et de travailler avec plus de sérénité.

Mon parcours s’est construit étape par étape, avec des réussites, des erreurs, et beaucoup d’apprentissage. Ce qui reste constant, c’est l’attachement au métier et la volonté de continuer à progresser, à la fois techniquement et en tant que chef d’entreprise. »

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