Pour créer une entreprise, il faut avoir une bonne idée… mais pas que ! Au commencement, il faut aussi avoir accès aux ressources, aux informations et aux bons réseaux. Dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), ces leviers sont souvent plus difficiles à activer.
C’est à ce niveau qu’interviennent les CitésLab, des dispositifs pensés pour venir à la rencontre des habitants, dans les territoires, pour leur donner les premières informations sur l’entrepreneuriat et les orienter vers les bons réseaux d’accompagnement.
BGE porte 35 CitésLab et est associé au dispositif depuis sa création en 2009.
Pour nous en parler, nous avons donné la parole à Fayçal Hamza, chef de projet CitésLab chez BGE AURA.
Dans les quartiers prioritaires, les chefs de projet CitésLab sont présents sur le terrain pour échanger avec les habitants, identifier les envies d’entreprendre, détecter les potentiels et apporter les premières informations. Cette démarche proactive permet de toucher des personnes qui ne se seraient pas spontanément tournées vers un dispositif d’accompagnement.
Mon rôle, c’est de détecter, accompagner et orienter des porteurs de projet, en particulier des personnes qui habitent dans les quartiers prioritaires ou qui souhaitent s’y installer. L’idée, c’est vraiment d’aller vers les gens, de les rencontrer là où ils sont, de parler d’entrepreneuriat, de repérer des potentiels et ensuite de les orienter vers les dispositifs les plus adaptés.
L’action des CitésLab s’articule autour de trois piliers complémentaires.
Détecter
La première étape consiste à identifier les porteurs de projet, souvent éloignés des réseaux d’accompagnement. Cette détection passe par une présence active dans les quartiers, mais aussi par des interactions du quotidien.
« Pour ça, je fais beaucoup d’aller vers. Ça peut passer par des moments très simples, en me baladant avec mon chien, sur des terrains de foot, dans la vie de tous les jours. Je m’intéresse aux gens, je discute naturellement, et à un moment donné, les questions viennent toutes seules. » – Fayçal Hamza, chef de projet CitésLab chez BGE AURA
Préparer
Une fois le premier contact établi, les chefs de projet CitésLab travaillent avec les entrepreneurs sur la structuration de leur projet : adéquation entre la personne et son projet, évaluation des compétences, premières réflexions sur le marché, le positionnement ou encore la communication.
« L’accompagnement commence par un premier rendez-vous qui sert de diagnostic. Mais au-delà du projet, ce que j’évalue surtout, c’est la capacité de la personne à s’engager, à venir aux rendez-vous, à être régulière. Si je sens que la personne n’est pas prête, je continue à l’accompagner directement. Si elle l’est, je l’oriente vers les dispositifs adaptés. » – Fayçal Hamza, chef de projet CitésLab chez BGE AURA
Orienter
Enfin, les porteurs de projet sont orientés vers les dispositifs et les structures les plus adaptés à leur situation. Les chefs de projet CitésLab jouent ici un rôle clé de mise en relation, en facilitant l’accès à un écosystème d’accompagnement qui peut sembler complexe quand on ne le connaît pas.
« Je me considère vraiment comme un premier relais, que les personnes viennent des quartiers ou non. Ensuite, je fais le lien avec les structures d’accompagnement. […] Sur le territoire de Clermont-Ferrand, on voit bien que certaines structures ont du mal à toucher les entrepreneurs des quartiers. CitésLab permet justement de créer ce lien. Aujourd’hui, j’ai une relation de confiance à la fois avec les porteurs de projet et avec les structures. » – Fayçal Hamza, chef de projet CitésLab chez BGE AURA
Les profils accompagnés par les CitésLab sont variés : jeunes diplômés, salariés en reconversion, entrepreneurs en activité. Mais une constante se dégage dans les quartiers prioritaires, selon Fayçal Hamza, celle d’un besoin de concret et de réactivité. Cette réalité implique d’adapter les modalités d’accompagnement : disponibilité rapide, réponses concrètes, suivi de proximité.
Les profils que je rencontre sont très variés. Ça peut être un jeune diplômé qui ne trouve pas de travail, comme un salarié qui veut se lancer. Je ne constate pas de problème de volonté à être accompagné. Le vrai sujet, c’est le rapport au temps et au concret. Dans les quartiers, les personnes veulent aller vite. Elles ont besoin que ça avance rapidement, que ce soit concret. Parfois, une opportunité se joue en quinze jours. Elles ont envie d’y aller, de faire, de tester.
Ce qui distingue également l’approche CitésLab, c’est la qualité de la relation construite avec les entrepreneurs. Cette proximité permet un accompagnement très concret, parfois jusqu’aux premières étapes de la création.
Ma manière de faire va un peu plus loin que ce qu’on attend classiquement d’un chef de projet. Je peux accompagner les entrepreneurs jusqu’à l’immatriculation, les aider à chercher des locaux, à construire leur réseau, à trouver un expert-comptable, à challenger leur projet. Je suis aussi présent sur certains de leurs premiers rendez-vous.
En intervenant au cœur des quartiers prioritaires, les CitésLab contribuent à réduire les inégalités d’accès à l’entrepreneuriat. Ils permettent à des publics souvent éloignés des dispositifs classiques de bénéficier d’un premier niveau d’accompagnement et de s’inscrire progressivement dans un parcours structuré.
À travers ce dispositif, BGE réaffirme son ambition : rendre l’entrepreneuriat accessible partout, pour tous, et offrir à chacun les moyens de concrétiser son projet.
Vous vivez ou vous entreprenez dans un quartier prioritaire ? BGE vous propose des dispositifs adaptés à toutes les étapes de votre projet entrepreneurial !