Céline Binet & Mélanie Castres Saint Martin – Le Petit Bazar

Le Petit Bazar est une association qui a créé une ressourcerie à La Celle-Saint-Cloud.
Un lieu convivial et solidaire, soucieux de préserver les ressources de la planète grâce au réemploi.

Suivre Le Petit Bazar :

Un projet porteur de sens

Céline et Mélanie nous racontent : « Dès le départ, nous avons eu envie de construire quelque chose qui ait du sens. Quand l’idée de créer une ressourcerie à La Celle-Saint-Cloud a émergé, nous avons tout de suite senti que c’était pertinent. Mais entre l’idée et la réalité, il y a eu plusieurs mois de travail intense : repérage, rencontres, échanges avec les acteurs locaux. Nous sommes allées voir les responsables du développement durable de notre agglomération pour tester la pertinence du projet. Très vite, la mairie nous a soutenues, et ce soutien a été déterminant.

Au début, nous n’avions pas de formation particulière en entrepreneuriat. Nous avions donc énormément à apprendre, notamment sur les aspects financiers et la construction d’un projet solide. L’accompagnement de la BGE Yvelines a été essentiel à ce moment-là. Nous avons appris à faire un business plan, à comprendre les enjeux économiques, à structurer nos idées. Le fait d’avoir des rendez-vous réguliers nous a aidées à garder un cap et à avancer de manière organisée.

Un lancement réussi malgré la crise sanitaire

En parallèle, nous avons aussi été accompagnées par une association locale, ce qui nous a permis d’avoir un regard complémentaire. Comme il n’existait pas de projet similaire sur notre territoire, nous avons dû tout construire de zéro. Cela a été à la fois stimulant et exigeant. Nous avons suivi des formations, mais nous avons vite compris qu’elles ne suffisaient pas : c’est vraiment l’accompagnement sur la durée qui nous a permis de structurer notre projet.

Au bout d’un an, nous avons obtenu un local de 450 m², mis à disposition par la mairie. C’était une opportunité incroyable, presque arrivée plus tôt que prévu. Puis le contexte sanitaire est venu bouleverser notre lancement. Le confinement a retardé l’ouverture, mais nous avons su utiliser ce temps pour développer notre site internet et préparer notre communication.

Nous avons démarré avec peu de moyens, en investissant chacune une petite somme, et surtout avec beaucoup d’énergie. Très rapidement, nous avons réussi à mobiliser une équipe de bénévoles. Cela a été une vraie force. Aujourd’hui encore, nous avons une cinquantaine de bénévoles, dont une vingtaine très investies. Notre fonctionnement repose sur la flexibilité. Chaque bénévole est libre de s’engager selon ses disponibilités. Cette souplesse a clairement favorisé l’engagement.

Accompagner la croissance avec le DLA

Notre projet a ensuite grandi progressivement. Une étape importante a été notre collaboration avec un grand centre commercial, où nous avons ouvert une ressourcerie éphémère. Cela a été un véritable accélérateur de visibilité. À l’époque, le concept de ressourcerie était encore peu connu, donc nous faisions beaucoup de pédagogie auprès du public.

Depuis le début, nous avons continué à être accompagnées par la BGE Yvelines sur différentes étapes : création, gouvernance, structuration, et plus récemment grâce au DLA porté par BGE,  la refonte de notre projet associatif. Cet accompagnement nous a aidées à prendre du recul, à structurer notre organisation, et à nous adapter à notre croissance.

Car en grandissant, de nouveaux défis sont apparus. Le passage du bénévolat au salariat a été une étape délicate. Il a fallu trouver un équilibre entre bénévoles et salariés, gérer des attentes différentes, ordonner davantage notre fonctionnement. Nous avons aussi dû faire évoluer notre gouvernance, passer d’un modèle très horizontal à quelque chose de plus structuré.

Un projet qui va bien au-delà du réemploi

Aujourd’hui, nous sommes une petite structure avec plusieurs salariés, un conseil d’administration actif et des bénévoles engagées. Notre association fait face aux mêmes enjeux qu’une entreprise : gestion des ressources humaines, contraintes administratives, imprévus. Cela demande de s’entourer et de ne pas rester seules.

Notre projet repose sur une idée simple : donner une seconde vie aux objets. Nous collectons des dons, nous les trions, les testons, puis nous les remettons en vente à prix solidaire. Ce qui ne peut pas être vendu est orienté vers des filières de réemploi ou de recyclage. Nous avons aussi développé des partenariats pour maximiser l’impact social et environnemental.

Mais au-delà du réemploi, nous portons aussi une vision : créer du lien social. Nous voulons que notre lieu soit accueillant, ouvert à tous, quel que soit le parcours ou la situation. Nous accueillons des bénévoles, des jeunes, des personnes en insertion. Nous avons vu à quel point ce projet peut redonner confiance, créer du lien, et permettre à chacun de trouver sa place.

Après 6 ans d'existence, la ressourcerie continue de s'épanouir

Nous avons aussi créé des emplois, ce qui était un objectif important. Cela s’est fait progressivement, avec beaucoup de prudence financière. Aujourd’hui, nous sommes fières de voir que notre projet a un impact concret, à la fois économique, social et environnemental.

Bien sûr, il y a eu des difficultés. La gestion humaine est parfois plus complexe que les aspects techniques ou financiers. Nous avons dû faire face à des tensions, à des changements, à des imprévus. Mais nous avons appris à nous adapter, à rester souples, à avancer malgré les incertitudes.

Être deux a été une vraie force. Nous sommes complémentaires, nous nous soutenons, et nous partageons la même vision. Dans les moments difficiles, il y en a toujours une pour porter l’autre. Cela rend l’aventure plus solide et plus sereine.

Aujourd’hui, nous continuons à développer le projet, à imaginer de nouvelles actions, notamment autour de la sensibilisation et des événements. Nous voulons aller plus loin, tout en restant fidèles à nos valeurs : l’accueil, la bienveillance, et le sens. Même si tout n’était pas idéal au départ, nous avons osé nous lancer sans attendre que ce soit parfait. Et c’est en avançant, étape par étape, que le projet a pris forme. »

Le Petit Bazar

En 2025, l’association Le Petit Bazar a confirmé l’ampleur et l’impact de ses actions à travers des réalisations concrètes et mesurables. Sur le plan environnemental, elle a collecté plus de 46,6 tonnes de dons, témoignant de la confiance des habitants et de leur engagement en faveur du réemploi. Parmi ces objets, 21,3 tonnes ont été directement revendues en boutique, prolongeant ainsi leur durée de vie, tandis que 25,5 tonnes ont été orientées vers des filières de réemploi ou de recyclage partenaires.

Cette dynamique s’accompagne d’un impact économique significatif, avec un chiffre d’affaires de 184 406 € et près de 11 800 visiteurs accueillis sur l’année. Au-delà des chiffres, l’association a également développé de nombreux projets structurants, comme la création d’un café solidaire estival, favorisant la convivialité et le lien social, ou encore l’organisation d’événements variés (braderies, ateliers de réparation, journées thématiques) qui ont rythmé la vie locale.

Le Petit Bazar s’appuie par ailleurs sur une forte mobilisation humaine, réunissant 54 bénévoles, 6 salariés et de nombreux jeunes en service civique, stages ou dispositifs d’engagement citoyen. Enfin, ses actions solidaires se traduisent aussi par des dons à d’autres associations et des partenariats locaux renforçant son ancrage territorial. L’ensemble de ces réalisations illustre la capacité de l’association à conjuguer impact environnemental, utilité sociale et équilibre économique.

Suivre Le Petit Bazar :